PRIMA DONNA
Anna Giraud, la muse de Vivaldi Fille d’un perruquier français établi à Mantoue, la mezzo-soprano Anna Giraud y rencontre Antonio Vivaldi. Très vite, une relation artistique et personnelle se noue entre la jeune chanteuse et le musicien, qui entreprend sa formation avant de la poursuivre à Venise, au sein de l’Ospedale della Pietà. Fasciné par celle qui deviendra l’une des grandes prima donna de la Sérénissime, le Prêtre roux compose pour elle une dizaine de rôles dès les débuts de leur collaboration. Surnommée par les Vénitiens « l’Anima del Prete Rosso », Anna Giraud s’impose comme l’interprète privilégiée d’ouvrages lyriques tels que Griselda, Orlando, Alcina ou Bajazet, ainsi que de nombreuses œuvres sacrées. Moins virtuose que les grands castrats de son temps, elle séduit par d’autres qualités : un chant profondément expressif, une tessiture naturellement tournée vers le registre grave, un charisme indéniable et un réel talent de comédienne, salué notamment par Goldoni. Leur relation, enfin, nourrit à l’époque rumeurs et fascination, entre admiration sincère et parfum de scandale entourant le maître et sa muse.
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